Anarchiste de la matière

Depuis quelques années de nombreuses disciplines scientifiques (neurologie, génétique, psychiatrie, sociologie, économie…) se penchent sur le bonheur ou plus exactement sur « le bien être subjectif » Il augmenterait la longévité, améliorerait la santé et rendrait plus altruiste

Même si l’état du Bhoutan a fait du bonheur une priorité nationale, celui ci ne se décrète pas. L’atteindre est complexe et dépend d’un grand nombre de paramètres. Ils peuvent être génétiques, environnementaux, sociaux, moraux mais aussi psychologique ou sensorielle. Optimistes et pessimistes atteindront ce bonheur mais de façon très différente et avec plus ou moins de faciliter . Le bonheur est donc subjectif.

Dans son livre De l’art du Bonheur, le psychiatre Christophe André, nous explique que « les théories de l’empreinte révèlent qu’il y a des périodes de la vie qui favorisent certains apprentissages. Les langues par exemple : si nous les avons entendues tôt et souvent, l’acquisition en sera plus facile. De même, le langage du bonheur nous est plus accessible s’il a bercé notre toute petite enfance […].
S’il en était de même pour le bonheur ? Si les bonheurs d’enfance permettaient d’accéder plus tard à toutes les formes de bonheurs adultes ? Ces empreintes précoces et indicibles, c’est donc en elles que réside le cœur battant de notre aptitude future au bonheur, de nos facilités à nous sentir heureux […]

Trouver le bonheur, c’est peut-être tout simplement le retrouver.

Le travail de Sandrine Morilleau s’inscrit dans cette quête du bonheur. Son art n’est pas là pour faire réfléchir, pour revendiquer, pour éduquer… il est là pour faire surgir du plus profond de votre être une émotion ancienne, un souvenir enfouie, une sensation perdue. Il est là pour vous offrir une respiration, un instant de bonheur.

 

Souvenirs, Souvenirs…vous faites refleurir tous mes rêves de bonheur…

De la ferme de son enfance, Hélène, la grand mère de Sandrine avait gardé des plaisirs simples, celui du potager, de la confection de confitures avec les fruits de son verger et celui de l’élevage de sa petite basse court.

Il y a un peu moins de dix ans, les ardoises grises oxydés qu’elle a trouvées par hasard chez un fournisseur, lui ont tout de suite fait penser aux cocotes rousses de sa grand-mère et au bonheur qu’elle avait, petite fille, d’aller dans le poulailler pour les nourrir et aller chercher les œufs frais. Ce fut le point de départ de son travail de sculptures.

Tous les chemins mènent…au bonheur

Après cinq ans d’étude supérieur en géographie et cartographie, puis quatre ans de travail au CNRS et des perspectives de carrières restreintes, Sandrine décide de revenir à ces premiers amours : la création artistique. Par le biais de la mosaïque elle va enfin explorer et exploiter une créativité très féconde qui remonte à l’enfance.

En 2007, elle part 5 mois pour se former. La mosaïque en 3D sera une véritable révélation. Très attachée au diplôme, à la fin de sa formation, son objectif est le concours un des Meilleurs Ouvriers de France qu’elle obtient en 2011 après 1000 heures de travail.

Quand le Bonheur rime avec couleurs…

La passion de Sandrine pour les couleurs débute très tôt lorsqu’elle reçoit en cadeau, une boite de 40 crayons Caran d’Ache qu’elle prenait soin de classer. Lors de sa formation et durant le concours MOF, elle découvre la richesse des couleurs du verre de Murano. Dès lors son terrain de jeu est devenu infini et jouissif, elle l’intègre à ses sculptures en jouant tantôt les camaïeux, tantôt les contrastes. Depuis 6 ans elle peaufine une technique et un style qui lui est propre. Chaque pièce née à l’atelier est comme un enfant…Unique.

Le Paradis c’est ici et maintenant

« J’ai la conviction chevillé au corps depuis que je suis petite que comme le dit Christophe André « le Paradis c’est ici et maintenant » . Malgré les épreuves, chaque jour est une porte ouverte sur le bonheur, il suffit d’avoir les yeux grands ouverts sur le monde. J’ai toujours laissé mon imagination divaguer aux fils des rencontres et je chavire de bonheur à l’idée d’une nouvelle création. Ce que je souhaite c’est transmettre tout ou partie de cette étincelle de bonheur que je ressens en créant chacune de mes sculptures »